Violence à l'école au Canada
Violence physique et sexuelle dans les écoles au Canada – image capture écran video @cbc

Plus de 4000 jeunes de 14 à 21 ans ont été sondés aux quatre coins du pays dans une grande enquête nationale réalisée par la CBC/Radio-Canada.

Il en ressort des résultats assez inquiétants alors qu’on apprend que près de 35% des jeunes (soit plus du tiers) ont été victimes de violences à l’école au niveau primaire ou au niveau secondaire et que près de 12% (1 sur 8) ont été victimes d’agressions sexuelles par 1 ou plusieurs élèves.

Environ 40% des garçons ont subi de la violence physique contre 30% pour les filles.

Au niveau du deuxième cycle de secondaire (soit les classes de secondaire 3, 4 et 5), un pourcentage de 57% des élèves ont été traité de tous les noms, insultés ou ont reçu des commentaires haineux.

Concernant les agressions sexuelles (12% au total en ont subi), les filles en ont été victimes dans une proportion de 15% contre 9% pour les garçons.
Cette proportion est encore plus importante lorsqu’on parle de contacts sexuels non désirés (cela inclue les sextos et messages sur les réseaux sociaux) : 26% des filles et 14% des garçons en ont subi.

Le plus inquiétant est que dans plus de 6 cas sur 10, ces agressions ne sont pas rapportées à la direction de l’école.

La peur de subir des représailles, la honte ou la culpabilité y sont pour beaucoup dans le non-rapport de ces événements.

Les violences physiques et sexuelles étaient plus importantes en proportion chez les jeunes des Prairies et moins nombreuses chez les jeunes du Québec.

La responsable de cette étude pancadienne est Heather Scott-Marshall, professeure de Santé Publique à l’Université de Toronto. L’étude a sondé 4065 jeunes âgés de 14 à 21 ans du 26 août au 6 septembre 2019.

L’échantillon a été pondéré en utilisant les données du recensement de 2016 pour le rendre représentatif de la population canadienne de 14 à 21 ans. Un échantillon probabiliste de cette taille donnerait une marge d’erreur de +/- 1,6 point de pourcentage, 19 fois sur 20. La marge d’erreur est plus élevée dans les analyses stratifiées, puisque la taille de l’échantillon est plus petite. Source: Radio-Canada

Il faut savoir que dans les provinces de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse, du Nunavut et du Yukon, les écoles ont pour obligation de rapporter les événements violents qui ont lieu entre plusieurs élèves. Dans les autres provinces ce n’est pas encore obligatoire.

Est-ce que dans le cas de l’Ontario par exemple, les événements sont rapportés systématiquement ? Non, comme en témoigne cet article de radio-canada, qui mentionne que plusieurs fois, dans des écoles francophones et anglophones, il n’y a pas eu de rapport d’incident.

Les campagnes de sensibilisation sont fréquentes au Canada, comme le montre cette page du Ministère de l’Éducation du Québec. Elle rappelle aussi que la violence est multi-formes : cela peut être de l’intimidation, de la cyberintimidation, de la discrimination, de l’homophobie, de la violence physique, de la violence sexuelle, une agression indirecte, du taxage ou de la criminalité au sein des gangs de rue.